Notre système social intervient principalement lorsque la personne est déjà tombée : perte d’emploi, absence de ressources, isolement, handicap, vieillesse, précarité.
Il aide, mais il oblige souvent à justifier sa situation, à remplir des conditions, à attendre une décision, parfois à renoncer à un droit mal connu ou trop difficile à demander.
Le rapport Sirugue sur les minima sociaux l’avait montré : la protection contre la pauvreté repose sur une accumulation de dispositifs différents, avec des règles, des calculs et des conditions qui varient d’une prestation à l’autre. Le RBUI propose un changement de base : garantir un socle avant la chute, plutôt que réparer seulement après.
Cinq principes simples
Le RBUI est universel, parce qu’il concerne chacun ; inconditionnel, parce qu’il n’exige pas de prouver sa détresse ; versé toute la vie, parce que le besoin de sécurité ne s’arrête pas à une catégorie administrative ; inaliénable, parce qu’un socle ne peut être retiré ; cumulable, parce que travailler, entreprendre ou percevoir un autre revenu ne doit pas faire disparaître la base.
Le RBUI n’est donc pas une aide sociale supplémentaire. Il remplace la logique du secours incertain par celle d’un droit garanti. Il ne demande pas : « Êtes-vous assez pauvre pour être aidé ? » Il affirme : « Vous appartenez à la société ; vous avez droit à son socle. »
Ce socle est versé en deux flux complémentaires. Le VEE, versé en euros, sécurise la vie courante. Le MPFN, destiné à circuler dans les activités et besoins essentiels, soutient l’économie réelle et les territoires. La CU30 finance le RBUI, tandis que les cotisations salariales sociales maintenues continuent de financer les protections liées aux risques sociaux.
Le calculateur ci-dessous permet de mesurer concrètement ce basculement : non pas une aide qui diminue lorsque l’on reprend pied, mais une base qui demeure, à laquelle les autres revenus peuvent s’ajouter.
Source de référence : Christophe Sirugue, Repenser les minima sociaux — Vers une couverture socle commune, rapport au Premier ministre, avril 2016, publié sur Vie-publique.fr.